Ingrid Betancourt a été libérée

Ingrid Betancourt a été libérée
Ingrid Betancourt est libre. La nouvelle est tombée mercredi soir. La libération de la Franco-Colombienne est le résultat d'une opération sans précédent de l'armée colombienne. Avec elle, quatorze autres otages des Farc ont été libérés. Un avion avec à son bord la famille d'Ingrid Betancourt et le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner doit arriver en Colombie.

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 05:31

Premiere declaration d'Ingrid Betancourt Libre

Des larmes de bonheur. C'est submergée par l'émotion qu'Ingrid Betancourt a fait sa première déclaration après six années et demie de détention : "Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie" ont été les premiers mots de l'ex-otage. "L'opération a été absolument impeccable", a commenté la Franco-Colombienne qui veut voir dans sa libération un "signe pour la paix pour la Colombie".
Comme Ingrid Betancourt, les quatorze autres otages libérés (trois Américains et onze otages colombiens) sont arrivés à l'aéroport militaire de Bogota. Ingrid Betancourt, vêtue d'un treillis militaire, est descendue la première de l'avion et s'est jetée dans les bras de sa mère, Yolanda Pulecio, puis dans ceux de son mari, Juan Carlos Lecompte. Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a ensuite accueilli l'ex-otage.
La nouvelle de cette libération tant attendue vient couronner une "opération sans précédent qui restera dans l'histoire pour son audace" selon le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos. Elle a consisté à infiltrer un agent de renseignement au sein de la direction de la guérilla. Le militaire est parvenu à rassembler les 15 otages, détenus jusque-là séparément en trois groupes. Rassemblés, ils ont alors été récupérés par un hélicoptère de l'armée colombienne. L'appareil était peint en blanc et les membres de l'équipage étaient déguisé en guérilleros afin de faire croire qu'il s'agissait d'un simple transfert de prisonniers.
Outre Ingrid Betancourt, trois employés du Pentagone capturés alors qu'ils participaient à une opération anti-drogue (les Américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell) ont été libérés, de même que onze militaires colombiens, dont certains étaient captifs depuis plus de dix ans. L'avion transportant les trois Américains a atterri dans la nuit de mercredi à jeudi à San Antonio, au Texas.
Ingrid Betancourt est en bonne santé, c'est en tout cas ce qu'a affirmé Nicolas Sarkozy lors d'une intervention à l'Elysée, où il était entouré de la famille de la sénatrice franco-colombienne et du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Il a remercié le président colombien Alvaro Uribe et l'armée colombienne et appelé les Farc à renoncer à la lutte armée. "La France est prête à accueillir tous ceux qui renonceraient à la lutte armée", a-t-il dit. Bernard Kouchner et des membres de la famille d'Ingrid Betancourt ont décollé jeudi de l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris, pour aller rejoindre l'ex-otage

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 05:34

Six ans et quatre mois de captivité

Six ans et quatre mois de captivité
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) retenaient 44 otages de premier plan comme monnaie d'échange contre des centaines de militants emprisonnés.
Parmi eux, Ingrid Betancourt, candidate du parti Vert à l'élection présidentielle en Colombie, avait été capturée le 23 février 2002.
Une vidéo des Farc diffusée à la fin de l'an dernier l'avait montrée très amaigrie et déprimée.
Les trois otages américains travaillaient pour le département de la Défense et ont été capturés en 2003 après la chute de leur avion dans la jungle lors d'une opération de lutte contre les stupéfiants.

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 05:37

Retour sur le parcours d'une passionaria.

Retour sur le parcours d'une passionaria.
Plan fixe d'une madone émaciée, les mains croisées, la tête baissée et le regard lasse. Les cheveux exagérément longs, manifestement à bout de forces, elle observe le sol. Dérangeant. C'est le portrait d'Ingrid Betancourt qui orne le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris depuis des mois. Une image saisie sur la vidéo diffusée par les autorités colombiennes le 30 novembre 2007. Une preuve de vie comme un appel au secours. Ingrid Betancourt était alors détenue en otage par la guérilla marxiste depuis le 23 février 2002. Son visage meurtri par la souffrance, l'épuisement et le désespoir dénote avec celui que les Parisiens fréquentaient depuis des mois. Une femme souriante, pleine de vie et d'espoir à l'occasion de sa campagne électorale pour les présidentielle colombienne. Deux visages pour six ans de captivité... Après tant de temps passé à croupir dans la jungle, la Pasionaria se meurt à genoux... Icône réduite au mutisme, que sont devenues sa rage de vaincre et son aptitude à l'action ?




La vidéo qui aurait été tournée le 24 octobre 2007 était accompagnée d'une lettre de douze pages dans laquelle Ingrid Betancourt décrit son insoutenable oppression. Elle raconte la vacuité des jours, les vexations quotidiennes et la fatigue des longues marches imposées par la fuite permanente... Elle reconnaît l'atteinte à son intégrité de femme. Seule représentante du sexe faible vivant au milieu de prisonniers masculins. La Pietà républicaine subit l'horreur de la détention.



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Son c½ur est au combat


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Il y a maintenant douze ans, Ingrid Betancourt mettait de côté sa vie tranquille de mère de famille expatriée pour retourner dans son pays et se battre pour en changer l'avenir. Prise entre les guérilleros, les cartels de la drogue et les politiciens impuissants, la Colombie était au bord du gouffre. Entière et ambitieuse, Ingrid Betancourt décidait de s'engager contre la corruption.
Née à Bogota en 1961, Ingrid Pulecio passe une partie de son enfance en France. Son père est alors ambassadeur de la Colombie à l'UNESCO. À Paris, elle croise la classe politique colombienne et des écrivains chiliens et colombiens. Une enfance dorée pour certains. Une dette envers la Colombie, pour cette femme déterminée.
Étudiante à Sciences Po, l'ambition la caractérise déjà. Elle veut devenir présidente de la République !
Elle rencontre Fabrice Delloye, diplomate français, qu'elle épouse. À Los Angeles, elle s'essaie à une vie rangée. Mélanie, naît en 1986, puis vient Lorenzo en 1989. Mais le bonheur familial ne comble pas cette femme d'une trentaine d'années qui souhaite déplacer des montagnes.

En 1989, un événement va décider de l'orientation de sa vie.



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Elle suit sa mère, Yolanda, qui fait campagne avec le chef du parti libéral colombien. Le candidat Carlos Galan est assassiné sous ses yeux. Investie d'une mission, Ingrid décide de se battre pour la Colombie... Et se sépare de Fabrice Delloye. Passionnée, la volonté de voir son pays se redresser chevillée au corps, elle se présente à la députation. Son slogan? La corruption est le sida des Colombiens !

Mater dolorosa et maman high tech

Malgré la protection de ses gardes du corps qui lui ont permis d'échapper à deux attentats, Ingrid sait qu'elle peut succomber à chaque instant aux balles d'un sicarios. Prête à donner sa vie pour l'avenir de son pays, elle défie la peur et poursuit son combat Une responsabilité qui la pousse à faire le choix le plus douloureux : celui de se séparer de ses enfants.



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Par mesure de sécurité, Mélanie et Lorenzo vivent avec leur père en Nouvelle-Zélande.

Pour combler le manque, la famille innove et utilise des webcams...

En parallèle, Ingrid Betancourt refait sa vie. Férue d'équitation, l'amazone se rend régulièrement dans un club hippique. C'est là qu'elle rencontre le publicitaire Juan Carlos Lecompte.

Elle se marie en secondes noces en 1994. Candidate la même année à la Chambre des Députés , elle mène sa campagne jusque dans les rues les plus malfamées de la capitale. Mais Ingrid va plus loin, plus haut.






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Ses investigations la conduisent jusqu'au président de la République, Ernesto Samper. Preuves à l'appui, elle prétend qu'il a financé sa campagne électorale grâce aux narcotrafiquants. Dans les couloirs du Parlement, elle entame une grève de la faim qui la mène au coma. Convalescente, elle rédige un livre en français, La Rage Au C½ur. Écrit : « Je crois trop en ce que je fais pour que même le risque de la mort puisse m'arrêter. Je porte sur mes épaules l'espoir de trop de Colombiens».


Dérangeant politiciens du sérailet paramilitaires, elle fonde le parti Oxygène Vert, déterminée à ce que son pays asphyxié respire à nouveau.
Le 23 février 2002, la politique a-t-elle pris le dessus sur sa vie de couple et ses préoccupations de mère ? Alors en campagne électorale, Ingrid décide de se rendre dans une zone contrôlée par la rébellion pour soutenir le maire de San Vicente del Caguán.



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Alors qu'une dernière barrière militaire empêche le convoi de continuer et que les militaires annoncent la présence des guérilleros quelques kilomètres plus loin, la candidate donne l'ordre à son conducteur de poursuivre sa route après avoir signé un document dans lequel elle se rend responsable de cette décision.



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Trois mois avant les élections présidentielles, Ingrid et sa directrice de campagne, Clara Rojas, sont enlevées par les FARC, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie.

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 05:39